Le Réseau des Pôles d’économie sociale du Québec sonne aussi l’alarme.
Alors que le budget 2025-2026 présenté récemment par le ministre des Finances, Éric Girard, promet des investissements pour stimuler l’économie québécoise, une importante omission est dénoncée soit l’absence de soutien concret à l’économie sociale.
Le Réseau, qui regroupe 22 Pôles actifs dans toutes les régions du Québec, déplore la baisse drastique de 50 % du financement alloué au Plan d’action gouvernemental en économie sociale (PAGÉS), comparativement au cycle précédent. Cette coupure survient pourtant à un moment critique, alors que les régions font face à des défis économiques importants et à des incertitudes liées aux tensions commerciales internationales.
Marie-France Beaudry, porte-parole du Réseau, rappelle que « l’économie sociale est un moteur de développement local qui a toujours démontré sa résilience, même en période de turbulence. En 2023, grâce à l’accompagnement de ces Pôles, ce sont 122 nouvelles entreprises collectives qui ont vu le jour, une hausse impressionnante de 139 % par rapport à l’année précédente ».
Selon madame Beaudry, « les Pôles d’économie sociale incarnent un modèle de gestion démocratique et participatif, capable d’agir concrètement sur le terrain, partout au Québec. Ils permettent non seulement la création d’emplois, mais contribuent aussi à la diversification économique régionale. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque les 12 000 entreprises d’économie sociale au Québec génèrent près de 50 milliards de dollars en volume d’affaires et soutiennent quelque 220 000 emplois ».
Le Réseau insiste sur l’importance de miser sur le repreneuriat collectif, particulièrement dans un contexte où de nombreuses PME pourraient être transférées dans les prochaines années. De 2015 à 2021, en moyenne, 120 000 employés par année ont été concernés par une reprise d’entreprise, représentant un transfert d’actifs de 25 milliards de dollars annuellement.
Face à la montée du protectionnisme américain, Marie-France Beaudry affirme qu’il est temps de repenser notre modèle économique. Elle plaide pour une réorientation stratégique vers l’entrepreneuriat collectif, les circuits courts, l’économie circulaire et l’achat local.
Le Réseau demande donc au gouvernement de réviser ses priorités et de consacrer une part significative des 5,4 milliards de dollars d’investissements prévus à l’appui des entreprises d’économie sociale, véritables piliers de l’économie locale et régionale.