Dans un contexte économique déjà incertain, des centaines d’entreprises québécoises se retrouvent confrontées à une menace qui pourrait compromettre leur survie.
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), la Chambre de commerce et d’industrie de la MRC de Montmagny (CCIM), la Chambre de commerce Kamouraska-L’Islet (CCKL) ainsi que l’Alliance des Chambres de commerce de Chaudière-Appalaches (ACCCA) réclament un moratoire immédiat sur les restrictions imposées au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
Les nouvelles mesures d’immigration, qui limitent l’accès à des travailleurs temporaires, interviennent dans un moment de vulnérabilité économique, notamment avec les tensions commerciales internationales qui pourraient entraîner une guerre tarifaire dévastatrice pour l’économie du Québec. Selon ces organisations, ces restrictions risquent d'aggraver la situation en privant les entreprises de travailleurs essentiels qu'elles peinent déjà à trouver localement.
« En pleine période d’incertitude économique, il serait déplorable d’ajouter une deuxième crise en privant les entreprises de travailleurs essentiels. Ces derniers contribuent à la compétitivité et à la vitalité économique de nos régions », a affirmé Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la Fédération. Ces travailleurs étrangers, souvent recrutés pour combler des postes spécialisés, sont des atouts indispensables pour des secteurs tels que la soudure et l’industrie touristique, où la main-d’œuvre locale est insuffisante pour répondre aux besoins.
Pour les entreprises de Chaudière-Appalaches, qui comptent un nombre élevé de postes vacants, cette situation est d’autant plus problématique. En 2023, plus de 800 permis de travailleurs étrangers ont été délivrés dans la région pour des entreprises qui peinent à recruter des travailleurs locaux. Alexandra Lemieux, présidente de la CCIM, souligne que le recours aux travailleurs étrangers n’est pas un choix facile, mais un ultime recours face à la pénurie de main-d’œuvre disponible dans la province. « Retirer cette option, c’est réduire la capacité de nos entreprises à fonctionner de manière efficace et à honorer leurs engagements », déclare-t-elle.
Le départ de ces travailleurs risquerait de ralentir la production, de forcer les entreprises à refuser des contrats, et dans certains cas, de mettre fin à leurs activités. Ce phénomène se produirait alors même que le Québec doit faire face à un vieillissement démographique, avec un million de départs à la retraite prévus d’ici 2031, rendant encore plus difficile le recrutement de nouveaux travailleurs.
« Avec l’imposition de la loi 25, la loi 42, la loi 96 et la menace de tarifs qui planent, est-ce qu’on peut laisser les entreprises respirer, un peu? Elles ont investi des sommes colossales pour faire venir ces travailleurs au pays et ces sommes se traduiront en perte avec ce programme. Les gens d’affaires veulent bien donner des emplois aux Québécois et aux Canadiens, mais encore faut-il les trouver, ces travailleurs qualifiés », mentionne Nancy Dubé, directrice générale de la Chambre de commerce Kamouraska-l’Islet et co-présidente de l’Association des Chambres de commerce de Chaudière-Appalaches (l’ACCCA).
Les organisations réclament que les gouvernements fédéral et provincial collaborent pour permettre le maintien du niveau actuel de travailleurs étrangers temporaires afin de préserver la compétitivité et la vitalité économique des entreprises québécoises, en particulier dans les régions qui en ont le plus besoin.
Un moratoire sur les restrictions serait un premier pas vers une solution durable pour maintenir la stabilité de l’économie régionale.