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La pénurie de pharmaciens nuit aux soins dans les hôpitaux de la région de Chaudière-Appalaches

Pixabay


Le secteur pharmaceutique est un pilier fondamental dans les hôpitaux de par son rôle essentiel dans notre système de santé. Le pharmacien est responsable de vérifier le bon usage des médicaments auprès de la population.  Face à l’importance de ce secteur, l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) a récemment lancé un cri de panique face à une grave pénurie de pharmaciens, après avoir mené une enquête auprès de 37 départements de pharmacie des établissements de santé de la région de Chaudière-Appalaches. Il ne suffit pas de pourvoir les postes vacants. Des centaines de pharmaciens supplémentaires sont nécessaires afin d'assurer une couverture juste et équitable en soins, précise l’Association.

L’enquête a révélé que dans les urgences, 88 % des besoins en pharmaciens pour prodiguer des soins pharmaceutiques sont non comblés, bien que ces soins y soient névralgiques et que des études démontrent qu’un nombre considérable de visites sont attribuables à des problèmes liés aux médicaments.

Mme Julie Racicot, présidente de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec a expliqué que «En fait à la base de la pénurie de pharmaciens qui se continue depuis 20 ans, on avait eu des périodes constantes. Mais présentement on vit vraiment une pénurie importante des pharmaciens, surtout dans les établissements de santé de Québec. Et ce qui est inquiétant c’est l’absence de relève parce que pour travailler à un établissement de soins de santé, on doit faire une maîtrise, donc après le doctorat professionnel de premier cycle, l’étudiant doit avoir un permis de pratique de pharmacie ainsi qu’une maîtrise de deux ans de plus. Cette année, dans les universités de Montréal et l’Université Laval, on a au total 114 bourses d’études disponibles mais le taux d’inscription en pharmacie d’établissement est parmi les plus bas enregistrés depuis 10 ans. Donc on a seulement 57 pharmaciens qui ont commencé le programme.»


L’offre de soins pharmaceutiques consiste en la prise en charge de la médication par un pharmacien présent à l’unité de soins ou à la clinique ambulatoire où sont soignés les patients. À noter que le pharmacien d’établissement peut travailler au cœur de différents secteurs ambulatoires et unités de soins. « La majorité des patients qui consultent dans les hôpitaux sur la territoire de Chaudière- Appalaches n’ont pas des soins de pharmacien directs. Le manque de pharmaciens nuit à l’efficience des visites dans les salles d’urgence, notamment en augmentant le temps d'attente, les risques d'incidents et d'accidents médicamenteux ainsi que d'effets indésirables liés aux médicaments, et la durée moyenne des séjours » a mentionné Mme Racicot, en citant quelques facteurs qui exercent une pression non négligeable sur le réseau de santé tels le vieillissement rapide de la population, la multiplication des maladies chroniques ainsi que la complexité et le coût considérable des médicaments.

Pour réduire cette pénurie, l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec a demandé récemment au gouvernement de valoriser la profession par des gestes concrets, soit d’investir dans le recrutement de personnel et dans des conditions de travail et des salaires attrayants pour les pharmaciens d’établissement. L’Association a estimé la nécessité de réaliser un nouvel exercice de planification de la main-d’œuvre en pharmacie au Québec compte tenu de l’ampleur des besoins anticipés et de la concurrence croissante entre le réseau public et les pharmacies privées pour le recrutement de pharmaciens.

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