Depuis lundi, le 23 mars et ce, jusqu’au 2 avril, un vaste mouvement de grève secoue le milieu communautaire à l’échelle du Québec, alors que 1622 organismes dénoncent un sous-financement chronique et réclament des engagements financiers durables de la part du gouvernement provincial.
En Chaudière-Appalaches, la mobilisation est bien réelle alors que plus de 42 organismes sont officiellement en grève, tandis que 84 organisations ont exprimé leur appui au mouvement « Le communautaire à boutte ».
Cette mobilisation survient dans un contexte économique particulièrement difficile. L’inflation des dernières années, combinée à la hausse importante des loyers et à un financement qui ne suit pas le rythme, met une pression énorme sur les organismes. Plusieurs d’entre eux préviennent que, sans intervention rapide, ils pourraient être forcés de fermer leurs portes, compromettant ainsi des services essentiels à la population.
Pendant ces deux semaines de grève, la majorité des activités régulières sont suspendues afin de permettre aux équipes de se mobiliser. Toutefois, certains services essentiels demeurent en place pour soutenir les personnes les plus vulnérables. Même les organismes qui ne sont pas en grève participent à l’effort en réduisant leurs services pour marquer leur solidarité.
Dans la région, différentes cellules locales organisent des actions de sensibilisation, des activités de visibilité et des initiatives d’éducation populaire afin d’informer la population sur les enjeux. Le point culminant de cette mobilisation aura lieu le 2 avril à Québec, devant l’Assemblée nationale, où des milliers de travailleuses et travailleurs sont attendus. Neuf autobus partiront de Chaudière-Appalaches pour participer à cette démonstration de force.
Les organismes rappellent que l’action communautaire autonome constitue un pilier essentiel du filet social. Pourtant, leur travail demeure souvent invisible et trop fréquemment perçu comme du bénévolat ou une vocation, plutôt qu’un emploi nécessitant des compétences reconnues. Les intervenants demandent donc une meilleure reconnaissance de leur expertise, ainsi que des conditions de travail décentes.
À travers ce mouvement, les revendications sont claires dont, entre autres, un financement suffisant et stable à la mission, la fin de la précarité financière, le respect de leur autonomie et un engagement concret du gouvernement à investir dans le communautaire.
Ce mouvement, amorcé l’automne dernier, prend aujourd’hui une ampleur sans précédent, illustrant l’urgence d’agir pour préserver un réseau essentiel au bien-être collectif.






















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