Un vaste regroupement d’organisations agricoles, syndicales, municipales et citoyennes presse, Hydro-Québec, de suspendre son appel d’offres éolien prévu au début d’avril, réclamant une véritable consultation publique sur l’avenir de la filière. Parmi les voix réunies, on retrouve l’Union des producteurs agricoles, le Syndicat canadien de la fonction publique – Québec ( SCFP-Québec), Vent d’élus ainsi que le Regroupement vigilance énergie Québec. Ensemble, ils dénoncent l’implantation envisagée de centaines d’éoliennes en zones agricoles, qu’ils considèrent comme essentielles à la sécurité alimentaire du Québec.
Les chiffres avancés inquiètent. Alors que seulement 2 % du territoire québécois est consacré à l’agriculture, Hydro-Québec prévoit ajouter 10 000 mégawatts de capacité éolienne d’ici 2035. L’appel d’offres de 2026 viserait à lui seul 5 000 mégawatts, majoritairement en milieu agricole.
Selon ces organisations, la pression sur les terres cultivables est déjà critique. Au cours des dix dernières années, plus de 17 000 hectares auraient été perdus au profit de l’étalement urbain, de projets industriels et d’investissements immobiliers. Elles estiment que le développement éolien, tel qu’envisagé, risque d’aggraver cette situation.
Le président de l’UPA, Martin Caron, rappelle que toutes les instances gouvernementales, y compris Hydro-Québec, doivent éviter d’accentuer cette pression. Il souligne, d’ailleurs, que la société d’État reconnaît, elle-même, l’importance de protéger le territoire agricole dans sa stratégie récente. Au-delà de la question territoriale, les critiques portent également sur la gouvernance du développement énergétique. Le Syndicat canadien de la fonction publique – Québec déplore une ouverture accrue au secteur privé, qui pourrait, selon lui, privilégier la rentabilité au détriment de l’intérêt collectif.
De son côté, le Regroupement vigilance énergie Québec insiste sur les impacts encore mal évalués des éoliennes, notamment sur la santé et les écosystèmes. L’organisation demande une révision des normes et soutient que l’acceptabilité sociale des projets doit passer par le consentement des communautés locales, notamment par référendum.
Les groupes dénoncent aussi un développement trop rapide de la filière, sans consultation adéquate des populations rurales directement concernées. Pour eux, il devient impératif de ralentir le rythme afin de mieux en mesurer les conséquences à l’échelle provinciale. C’est dans ce contexte qu’ils réclament un moratoire complet sur le développement éolien, le temps que le Bureau d’audiences publiques, le Bape, sur l’environnement réalise une analyse globale de la filière.
En conclusion, ces organisations affirment qu’il est essentiel de concilier transition énergétique et protection du territoire agricole, deux enjeux qu’elles jugent indissociables pour l’avenir du Québec.
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