Il y a près de 21 ans, le vendredi 28 octobre 2005, le palais de justice de Montmagny était le théâtre du dénouement de l’une de ses plus importantes affaires criminelles, alors qu’après trois jours de délibérations, le jury déclarait Gaétan St-Germain coupable du meurtre au premier degré de Patrick Bernard, tué à Saint-Fabien-de-Panet, dont le corps n’a jamais été retrouvé, une première au Québec pour une condamnation pour meurtre prémédité en l’absence du corps de la victime.
Maintenant, en octobre 2026, Gaétan St-Germain est désormais en semi-liberté pré-libératoire, selon un document de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.
Le terme semi-liberté pré-libératoire signifie essentiellement une semi-liberté accordée avant la libération conditionnelle totale. Or, le détenu reste soumis à des conditions et à un encadrement dans le but de le préparer progressivement à la libération définitive.
D’ailleurs, la Commission des libérations conditionnelles du Canada a décidé de prolonger la semi-liberté de Gaétan St-Germain le 4 septembre 2026 pour une période de six mois.
Comme conditions, entre autres, il ne peut pas communiquer avec une personne lorsqu’il a des raisons de croire qu’elle est impliquée dans une activité criminelle, il ne peut pas entrer dans un établissement où la vente ou la consommation d’alcool constitue la principale source de revenus et il ne peut pas consommer de drogues.
Le meurtre parfait ?
Le drame s’est produit en avril 2001 à Saint-Fabien-de-Panet. Gaétan St-Germain pensait avoir commis le crime parfait en s’étant débarrassé du corps, mais ça, c’était avant de croiser la route du procureur de la Couronne, Marcel Guimond, alias le Shérif de Montmagny.
Gaétan St-Germain était impliqué dans le milieu de la drogue et la victime était soupçonnée d’être un informateur pour la police.
L’une des têtes dirigeantes d’une plantation de cannabis l’aurait approché pour l’exécuter et ainsi effacer sa dette à son égard, ce que Gaétan St-Germain a accepté.
Selon le document judiciaire, St-Germain a passé la soirée avec la victime pour ensuite faire feu sur elle à deux reprises, causant sa mort.
Le corps a ensuite été disposé en le brûlant alors que d’autres personnes auraient aussi participé à la dissimulation du cadavre de la victime. Les dents de la victime avaient aussi été arrachées.
Les policiers ont ensuite procédé à l’arrestation de Gaétan St-Germain en avril 2004. Il a écopé d’une sentence fédérale à perpétuité pour meurtre au premier degré, tandis que l’admissibilité à la libération conditionnelle totale avait été fixée à 25 ans.
Il a également fait appel de sa sentence, mais ce dernier a été rejeté en 2009. Puis, il a été condamné en 2010 pour possession de substances aux fins de trafic. Il avait notamment tenté de faire entrer du haschich et du tabac dans un établissement à la suite d’une visite familiale privée en septembre 2009.
Plusieurs antécédents criminels
Son dossier criminel remonte jusqu’en 1979, où l’on fait état d’une criminalité persistante. Il a cumulé des condamnations pour des infractions de « nature acquisitive et frauduleuse » en matière de stupéfiants, en matière de conduite avec les facultés affaiblies et pour méfaits publics.
« Quant à vos antécédents de mises en liberté, vous avez démontré peu de respect envers vos engagements judiciaires. On note entre autres un antécédent pour omission de vous conformer à votre ordonnance d’interdiction de possession d’armes à feu », ajoute-t-on dans le document judiciaire.
Malgré tout, Gaétan St-Germain est en période de semi-liberté depuis mars 2026. Il respecte depuis les mesures d’encadrement qui lui ont été imposées et semble avoir fait du cheminement en « faisant exactement ce que la Commission s’attend de lui ».
Ce dernier avait notamment fait des demandes pour tenir un nouveau procès vers 2009, mais elles ont été rejetées par la Cour d’appel du Québec et la Cour suprême du Canada n’a pas infirmé le verdict.
(Collaboration : Journal L’Oie Blanche)




















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