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De nouveaux indices sur la présence autochtone et les contacts avec les Européens à Montmagny

Du 14 au 23 octobre, une équipe d’archéologues a mené des fouilles dans le secteur de la pointe aux Oies et sur le site Simoneau-Tardif à Montmagny afin de mieux comprendre l’occupation du site au fil des siècles.

« Les éléments trouvés en 2019 sur le site Simoneau-Tardif, notamment la mise au jour d’un foyer contenant des fragments de poterie vieux d’environ 2 400 à 1 500 ans, démontraient déjà le fort potentiel archéologique du secteur. La poursuite des recherches en 2026 par l’équipe d’Artefactuel a permis de révéler deux nouveaux foyers et une multitude d’objets anciens associés à l’occupation des lieux », mentionne Patrick Morency, coordonnateur culturel et touristique à la Ville de Montmagny.

Parmi les trouvailles, cinq perles de verre datant probablement du XVIIe ou du XVIIIe siècle. Introduites par les Européens, ces perles jouaient un rôle important dans le commerce des fourrures en Nouvelle-France. Elles étaient prisées des Premières Nations pour la confection des bijoux, orner leurs vêtements ou effectuer des échanges entre nations. Cette découverte, faite en association avec une structure de foyer, laisse croire que le site aurait été fréquenté durant la période de contact entre les Autochtones et les Européens, s’ajoutant ainsi aux traces d’occupation beaucoup plus anciennes déjà mises au jour.

Cette année, les archéologues ont également trouvé des fragments de poterie, des éclats de pierre taillée, ainsi que divers outils en pierre, dont deux bifaces, des pièces minutieusement façonnées sur leurs deux faces afin d’aménager un tranchant sur le pourtour de l’objet et de leur donner une forme stéréotypée. Un de ces outils pourrait avoir été fabriqué en chert Onondaga, une pierre provenant de l’état de New York ou du sud de l’Ontario et couramment utilisée pour la confection d’outils. Ces découvertes apportent de nouveaux indices sur l’occupation et la fréquentation du site à différentes périodes. Leur analyse contribuera à affiner la compréhension des activités qui s’y sont déroulées et à enrichir les connaissances sur l’histoire des lieux.

Des recherches déjà amorcées à la pointe aux Oies

Au fil des ans, le secteur de la pointe aux Oies a généré plusieurs découvertes, mais toujours en surface. Des artéfacts ont en effet été retrouvés fortuitement sur la batture, dont une hache de pierre âgée d’environ 5 000 ans. Pour cette campagne de recherches, les archéologues espéraient dénicher, dans les différentes couches du sol, des indices permettant de rattacher ces vestiges à des périodes d’occupation précises. Le terrain n’a toutefois pas livré les réponses attendues.

« L’occupation des lieux par un camp militaire entre 1942 et 1946 semble avoir profondément perturbé les couches archéologiques, ce qui limite notre capacité à retracer avec précision certaines occupations plus anciennes », explique M. Morency.

Les artéfacts demeureront dans la collection de la Ville alors qu’une présentation publique des résultats est envisagée pour l’automne 2027.

(Collaboration : Journal L’Oie Blanche)