Le Collectif québécois pour la prévention de l’itinérance a dévoilé une proposition de réforme législative visant à transformer l’approche gouvernementale en matière d’itinérance au Québec. L’organisme souhaite remplacer la logique actuelle de gestion de crise par une stratégie axée sur la prévention et des résultats mesurables.
Selon le CQPI, la majorité des investissements publics est actuellement consacrée aux services d’urgence et au relogement temporaire, sans s’attaquer aux causes profondes de l’itinérance. L’organisation estime que cette situation contribue notamment à la multiplication des campements, à la pression sur les municipalités et aux tensions de cohabitation dans plusieurs régions du Québec.
Le collectif affirme également que le statu quo entraîne des coûts humains et financiers importants. Les dépenses liées à l’itinérance visible sont évaluées à près d’un milliard de dollars par année au Québec, soit environ 72 000 dollars annuellement par personne. À cela s’ajoutent les pertes économiques associées à la crise du logement ainsi que des coûts supplémentaires pour le réseau de la santé.
Le projet de réforme, élaboré depuis septembre 2024 avec des juristes, chercheurs et partenaires autochtones, repose sur plusieurs mesures structurantes. Le CQPI propose notamment d’inscrire le droit au logement dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, de fixer une cible de 20 % de logements sociaux d’ici 2040 et de renforcer la protection des locataires contre certaines évictions abusives.
L’organisation souhaite aussi empêcher les sorties vers la rue après un séjour en centre jeunesse, en prison ou à l’hôpital grâce à un devoir d’assistance institutionnelle. Elle propose également la création d’un registre public des loyers et de nouvelles pratiques pour repérer les locataires à risque d’itinérance devant le Tribunal administratif du logement.
Pearl Eliadis, professeure à l’Université McGill et présidente du projet de réforme législative du CQPI, soutient que la prévention de l’itinérance représente non seulement une approche humaine, mais également une décision économiquement responsable pour réduire la pression sur les services publics et communautaires du Québec.























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