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Près de 30 000 gestes de violence envers le personnel de soutien scolaire

La violence envers le personnel de soutien scolaire connaît une forte progression au Québec. Selon les données recueillies par la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) auprès des centres de services scolaires et des commissions scolaires, 29 772 gestes de violence ont été recensés durant l’année scolaire 2025-2026, comparativement à 15 178 l’année précédente. Il s’agit d’une hausse de près de 96 % en un an.

La situation est également préoccupante à plus long terme. En 2018-2019, 2 589 gestes avaient été déclarés. Le nombre moyen de gestes recensés par centre de services scolaire ou commission scolaire est ainsi passé de 95,9 à 633,4 au cours de cette période. La Fédération précise toutefois que le nombre d’organismes ayant répondu à sa collecte de données a augmenté, passant de 27 à 47.

La violence physique demeure la forme la plus fréquemment signalée, avec 21 731 cas en 2025-2026. La violence psychologique a également progressé, avec 3 947 cas recensés. Le harcèlement, la violence sexuelle et la cyberintimidation figurent aussi parmi les formes de violence déclarées.

Les employés directement en contact avec les élèves sont particulièrement touchés. Les techniciens en éducation spécialisée, les éducateurs en milieu scolaire, les préposés aux élèves handicapés et les surveillants d’élèves ont rapporté ensemble 17 533 gestes de violence, soit 59 % du total. Les élèves seraient à l’origine de la majorité des incidents recensés.

Des conséquences sur la santé du personnel

La Fédération souligne également une détérioration de la santé du personnel. Entre 2020-2021 et 2024-2025, le nombre de personnes ayant obtenu un arrêt de travail reconnu par la CNESST est passé de 2 580 à 4 095, une augmentation de 58,7 %. Le nombre de journées d’absence associées à ces dossiers a presque doublé.

Un sondage réalisé auprès de 4 901 membres de la FPSS-CSQ révèle par ailleurs que 56 % disent avoir subi de la violence au travail en 2025-2026. Seulement 13 % des répondants affirment remplir un rapport d’incident lorsqu’ils sont victimes d’un geste violent.

Le président de la Fédération, Éric Pronovost, estime que ces chiffres démontrent la nécessité d’agir davantage en prévention, d’assurer des ressources suffisantes dans les établissements et de mieux soutenir les victimes comme les élèves.

La FPSS-CSQ lance ainsi la campagne nationale « Violence, à nous d’agir », qui vise à sensibiliser le réseau scolaire et à favoriser des milieux de travail plus sécuritaires. Elle réclame également des mécanismes uniformes pour documenter les incidents et assurer un meilleur suivi des situations signalées.

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