La réduction du nombre de travailleurs étrangers temporaires frappe de plein fouet l’économie du Québec et de ses régions, selon un nouveau sondage de la Fédération des chambres de commerce du Québec et du réseau des chambres de commerce. Les résultats dressent un portrait préoccupant alors que des entreprises sont fragilisées, des investissements annulés et des pertes financières majeures qui pourraient s’accentuer au cours des prochaines années.
Réalisée par l’Observatoire de la Fédération auprès de 346 entreprises réparties dans toutes les régions du Québec, l’enquête démontre que les restrictions imposées au « Programme des travailleurs étrangers temporaires » ont déjà des conséquences bien concrètes. En moyenne, les entreprises touchées ont enregistré des pertes de 531 000 dollars jusqu’à maintenant, soit environ 6,5 % de leur chiffre d’affaires. Et la situation risque de s’aggraver, alors que les répondants anticipent des pertes moyennes de 2,2 millions de dollars au cours des deux prochaines années, ce qui représente près de 12,7 % de leurs revenus.
Dans la région de Montmagny, la rareté de la main-d’œuvre est déjà un enjeu majeur. Selon le président de la Chambre de commerce et d’industrie de la MRC de Montmagny, Jean-François Ritt, les nouvelles restrictions viennent accentuer une problématique bien réelle. Il affirme que ces mesures mettent en péril des emplois et des investissements essentiels, tout en fragilisant l’économie locale. Les entreprises, dit-il, ont besoin de solutions concrètes et rapides pour continuer à soutenir la vitalité du territoire.
La Fédération des chambres de commerce du Québec tire également la sonnette d’alarme à l’échelle nationale. Sa présidente-directrice générale, Véronique Proulx, soutient que les restrictions imposées par le gouvernement fédéral, avec l’appui du gouvernement du Québec, coûtent des millions de dollars aux entreprises d’ici. Selon elle, réduire le nombre de travailleurs étrangers temporaires, alors que près de 1,4 million de postes devront être comblés au cours des dix prochaines années, constitue un non-sens économique, surtout dans le contexte géopolitique actuel.
Les impacts ne sont pas uniquement financiers. Le sondage révèle que 35 % des entreprises estiment que leur survie est carrément menacée par ces restrictions. De plus, 72 % des répondants jugent que leur région devient difficilement viable, voire non viable économiquement, en raison de la diminution de l’immigration permanente et temporaire.




















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