Le gouvernement du Canada place les infrastructures au cœur de sa stratégie économique 2025. Présenté dans le Budget 2025 : Un Canada fort, le nouveau Fonds pour bâtir des collectivités fortes prévoit 51 milliards de dollars sur dix ans, puis 3 milliards annuellement, pour revitaliser les hôpitaux, universités, routes, ponts, aqueducs et transports en commun du pays.
« Le Budget 2025 est un budget d’investissements et montre un Canada confiant qui prend son propre avenir en main »,
a déclaré le premier ministre Mark Carney, en présentant l’initiative. Selon lui, ces sommes massives « renforceront nos communautés pour bâtir un Canada plus fort ».
Le fonds s’articule autour de trois volets principaux : provincial et territorial (17,2 G$), incluant 5 G$ pour les infrastructures de santé; prestation directe (6 G$) pour les projets régionaux et d’adaptation climatique; et communautaire (27,8 G$) pour les routes, ponts et réseaux locaux. L’objectif : accélérer les travaux, réduire les coûts et stimuler la productivité.
Pour le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, ce programme
« cible les routes, les hôpitaux, les écoles et les aqueducs qui sous-tendent la prospérité de nos collectivités ».
Il y voit un investissement direct « dans nos travailleurs et nos entreprises ».
Le ministre du Logement et de l’Infrastructure, Gregor Robertson, a ajouté que la construction de logements abordables doit s’accompagner « d’infrastructures adéquates ». Ce fonds, a-t-il souligné, « favorisera une croissance résiliente et de bons emplois pour des décennies à venir ».
En parallèle, Ottawa met sur pied d’autres initiatives — comme le Bureau des grands projets, Maisons Canada et l’Agence d’investissement pour la défense — pour stimuler l’investissement national et réduire la dépendance économique envers un seul partenaire commercial.
Réactions
Le Parti conservateur du Canada rejette fermement le budget :
« Canadiens, vous n’avez pas besoin de plus de sacrifice… Ils ont besoin de maisons, d’emplois et d’espoir »,
a déclaré Pierre Poilievre, accusant le gouvernement de promettre « des promesses brisées » et un endettement excessif.
Le Bloc québécois, par son chef Yves‑François Blanchet, a quant à lui qualifié le dialogue avec le gouvernement de quasi inexistant :
« nous ne voyons pas comment notre caucus votera en faveur de ce budget »,
affirmant que les demandes du Bloc « ne sont pas du tout prises en compte ».
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) se dit sur la réserve : son critique des finances, Don Davies, note que « des éléments sont les bienvenus », mais critique aussi « les coupures à la fonction publique et les services ». Il avertit que le parti n’appuiera pas un budget d’austérité.
Le vote des parlementaires sur ce budget devrait être tenu le lundi 17 novembre prochain.
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